HISTOIRE

Citation :
"Ces gens mâchent presque toujours un fruit qu'ils nomment arec et qui ressemble a une poire. Ils le coupent en quatre et en enveloppent chaque morceau dans la feuille d'un arbre appelé "bettre" et qui est semblable à celle du laurier. Ils se fourrent cela dans la bouche, et après l'avoir bien mastiqué, ils le crachent. Leur bouche en devient toute rouge. Tous ces gens utilisent ce fruit pour se restaurer le cœur. S'ils s'en abstenaient, ils mourraient."
En décrivant ainsi, en 1521, la coutume de la chique de bétel, Antonio Pigafetta pensait signaler une particularité localisée à une certaine région des Philippines, l'ile qu'il nomme Messana. Il lui donnait à vrai dire une importance considérable, puisqu'il ne manquait pas d'indiquer que, privés de leur drogue, les chiqueurs en étaient réduits à mourir. En fait, ce voyageur du XVI eme siècle définissait par ces quelques lignes une pratique commune à plus de deux cent millions d'êtres humains répartis de l'Inde à la Chine, de Zanzibar à l'Océanie.

Les origines :
En réalité, cette pratique se rattache à plusieurs ordres d'activités, à plusieurs ordres de tendances : habitude héritée des anciens, encouragée par le milieu social et devenue machinale, besoin d'une excitation qui aide à vivre dans des pays au climat déprimant, participations aux croyances et aux coutumes du groupe. Mais la chique du bétel joue un rôle primordial dans les rapports sociaux, dans les cérémonies publiques et privées des peuples qui s'y adonnent. Plus encore, la coutume du bétel est l'indice d'une aire culturelle déterminée, un trait caractéristique d'un certain substrat de civilisation.

Sa répartition géographique :
Il n'existe pas d'ouvrage de synthèse sur le bétel, traçant le tableau général de sa répartition géographique, de sa culture, de son utilisation, du matèriel particulier auquel cette utilisation a donné lieu, enfin des croyances qui s'y rattachent. Le bétel possède un matériel qui lui est propre. Son usage s'étend de Ceylan à l'Indochine et à la Nouvelle Guinée, couvrant par conséquent l'Inde Méridionale, l'Indonésie, la Malaise et une parti de la Mélanésie. Il consiste à mâcher des tranches de noix d'arec avec un peu de chaux, roulées dans des feuilles de bétel. Les noix sont débitées avec un couteau spécial et la chaux est extraite d'une boite au moyen d'une spatule.
Il faut cependant admettre que les indications géographiques de la répartition du bétel manquent de précision. Il est insuffisant de dire, par exemple, que son usage s'étend de Ceylan à la Nouvelle Guinée. On chique le bétel en effet dans l'Inde du Nord, au Népal et aux confins septentrionaux de la Péninsule Indochinoise.
La noix d'Arec est sans conteste venue de la Péninsule indochinoise en Chine et son nom chinois est évidemment emprunté à une forme très voisine du malais pinang. Mais il est intéressant de noter que les chinois l'ont adopté au point de lui donner une signification locale et de l'identifier à pin_lang, "Monsieur l'hote".

Dans la tradition TAMBOOL ( feuilles de bétel)

L'étoffe indienne est tissée d'une manière si compliquée avec des fils fins de la religion et de la mythologie, qu'il devient difficile à déterminer où se termine une coûtume sociale et où commence le rite religieux dans la vie quotidienne. Maillé dans ce système est la tradition colorée de Tambool (feuille de bétel) qui, parmi d'autres, représente l'effervescence fondamentale qui distingue le genre de vie indienne comme différent des autres.

Si le mâchement de Tambool (bétel ou "paon" rappelle des taches rouges dégoûtantes du crachat qui décorent les murs aujourd'hui, il rapporte aussi des souvenirs de la vie grandiose des nawabs et des rajahs de l'ère passée.

Des boîtes de bétel, des casses noix d'arec, des mortiers, des services à bétel représentes dans ce site portent un témoignage silencieux du temps passé. En vérité la collection reflète la qualité d'une vie bien vécue regardez dedans et votre reflet se mêlera avec les jours passés et vous commencerez à apprécier une tradition pas seulement parce qu'elle existe, mais aussi parce qu'elle est belle.

Traditions Légendaires :
D'après la mythologie, Mohini distribua Amrut (ambroisie) parmi plusieurs dieux. L'urne avec le reste de la quantité d'Amrut était gardée auprès de l'éléphant d'Indra 'Nagraja'. Sortant de cette urne, poussait une plante grimpante étrange et les Dieux devenaient extatiques. Vishnu commanda Dhanvanbtari d'examiner la plante Il y découvrit sa qualité stimulante. Depuis ce temps là, Vishnu commença à offrir ses feuilles en geste d'amour et d'amitié. Alors, on disait que le trin de bétel était né. On avait commencé à l'associer avec la Trinité de Brahma-Vishnu-Mahesh. La noix d'arec était attribuée à Brahna, la feuille de Tamboul (bétel) à Vishnu et la chaux à Mahesh.
Selon une autre légende, après la victoire des Pandavas à Hastinapur, ils commençaient à désirer ardemment pour Tambool. Un messager était envoyé en toute hâte dans l'habitation souterraine de la Reine des serpents . La Reine n'était pas très heureuse de rendre un service et coupa la phalange extrême du petit doigt et l'envoya aux Pandavas. La phalange était plantée avec une grande cérémonie, et bientôt la plante Bétel poussa de la phalange. On appelait cette plante grimpante 'Nagveli' la plante serpent. La cérémonie des feuilles commémore cette origine, et les Barais offrent les prières au Dieu Serpent à cette occasion.


Historique Inde :
On ne sait pas la date exacte de l'arrivée de Tambool en Inde mais les mémoires historiques font remonter ce fait à la période Gupta (320-467 après J.C). Plus tard, Someswara, un roi Chalukya du sixième siècle, était dépeint en Manasollasa écriture sur la vie royale. On y parle de la chique de bétel comme des huit plaisirs royaux.
Les Rajputs Chandel du huitième siècle invitaient les tambolis du Rajastan à faire la culture de cette plante grimpante fragile à Mahoba, leur capitale politique. Le ' Alha Khand' une épopée par Jagnik, a montré Tambool comme un symbole des règles de conduite Rajput.
Marco Polo était le premier européen pour prendre note de cette habitude de la population entière de mâcher éternellement une feuille appelée Tambool. L'étendue actuelle de cette coutume bien enracinée couvre l'Afrique de l'Est avant les anglais, les îles de Fidji, l'Inde, l'Indonésie, la Chine, la Malaisie, les Philippines, Bornéo, la Nouvelle Guinée et les îles voisines.

Signification sociale :
En vérité, Tambool est une liaison entre presque toutes les relations indiennes. Entre l'homme et le Dieu, l'hôte et l'invité, le guru et le disciple, l'homme et la femme, et le roi et ses sujets. Donc, c'est naturel qu'il prenne une place d'honneur dans les évènements familiaux, tout en commençant avec la naissance, les cérémonies du fil sacré, les mariages et les funérailles


Créations inspirées de D.G.Kelkar (à qui nous devons toutes nos nouvelles connaissances)


L'arôme de la chique de Tambool pénètre des palais splendides.
La chique pliée, tenue ensemble par un girofle couvert de poudre dorée a besoin d'un plateau d'argent pour la complimenter. La noix d'arec est une noix très difficile à casser.
Le carillonnement de cloches sur le casse-noix attire la noix. Les doigts agiles prennent et choisissent des épices justes pour l'occasion des caches sculptées avec délicatesse. Et la feuille cache son innocence en boites filigranées. Telle est l'aura étrange de la culture Tambool. Pareille comme les yeux d'une femme belle derrière un voile de gaze fin et léger.


AUJOURD'HUI….

Le BETEL est un véritable fléau en Asie (particulièrement à Taïwan), cette sorte de gomme à mâcher formée d'une noix d'arec, de tabac, et de feuille de bétel donne une couverture noire aux dents due au polyphénol dans la noix d'arec et la feuille de bétel , déjà au siècle dernier les Anglais avaient mis sur le marché un dentifrice.
Le fait de mastiquer toute la journée procure aux ouvriers du bien être, comme une drogue, mais cela leur donne une certaine excitation et leur coupe la faim. Mais cette mastication les font cracher un jus rougeâtre ce qui explique les nombreuses taches rouges sur le sol et les édifices.
En Thaïlande on vend sur le marché les principaux composants pour faire une chique de bétel et même des chiques toutes faites dans des sachets, certaines sont comme une cigarette.

A Taipei à Taîwan, des jeunes filles assez dévêtues vendent du bétel à une clientèle mâle.

Selon une enquête menée à Taipei en novembre 2000, 600 000 noix de bétel ou chiques de bétel étaient vendus !!!

 

 

 

Le modeste bétel joue un grand rôle dans la culture taïwanaise

Depuis les stands sur le bas-côté de la route où l'on peut acheter une noix verte, parfois surnommée en anglais le " chewing-gum taïwanais ", jusqu'aux films, aux spectacles télévisés et aux expositions de photos dans les musées montrant de jeunes femmes appelées les " beautés du bétel " qui vivent en vendant ce remontant populaire à travers l'île, le modeste bétel joue un grand rôle dans la culture quotidienne à Taïwan.

Un récent film, intitulé Betelnut Beauty, du réalisateur taïwanais Lin Cheng-sheng, de renommée mondiale, qui a obtenu un prix cinématographique, suit le parcours d'une jeune vendeuse de bétel* des temps modernes, l'une de ces " beautés " qui gagnent de 40 000 à 100 000 TWD (env. 1 270 à 3 180 € ) par mois en proposant le fortifiant.

A Chiayi, une ville du sud de l'île, une salle populaire de cinéma va jusqu'à distribuer gratuitement des petits sachets en plastique aux spectateurs qui prennent du bétel afin qu'ils puissent y recracher le jus qui s'est formé durant la mastication. Et dans toute l'île, à la grande consternation des responsables des villes et des urbanistes, les taches rouges laissées sur le sol ou ailleurs par le jus recraché se voient ici et là, et un peu partout.

Ce n'est pas toujours une image agréable, même si les jolies vendeuses de bétel se sont si bien adaptées à la culture populaire insulaire qu'elles en font maintenant partie intégrante en dépit des violentes diatribes dénonçant de temps à autre dans les journaux ou à la télévision leurs méthodes de vente.

Quand le film de Lin Cheng-sheng est sorti au début de l'année en Europe, au Japon et à Taïwan, les critiques lui ont accordé beaucoup d'égards. L'un d'entre eux dans l'île l'a décrit comme " une délicieuse tranche de vie qui a su adroitement saisir la quintessence de l'anxiété des jeunes Taïwanais ", remarquant que le titre du film fait justement référence " à la couleur locale de jeunes femmes de classe modeste qui, dans une tenue soulignant leurs charmes, accostent les passants pour vendre leur produit ".

L'héroïne du film est une jeune Taïpéienne, nommée Fei-fei, qui, installée dans un stand de verre éclairé au néon et placé au bord de la route, vend du bétel. Elle est d'abord remarquée par un réalisateur puis plus tard par un dénicheur de talents pour une maison de disques, à la recherche de nouveaux visages.

Vivement intéressée par le film de Lin Cheng-sheng, la communauté étrangère d'expression anglaise de Taïpei a pu découvrir Betelnut Beauty sous-titré en anglais grâce à des projections spéciales organisées dans une salle de la ville.

Cependant, en dehors de la veine artistique qu'il suscite dans le monde, le bétel omniprésent a provoqué de graves dommages dans l'île. Selon une dépêche de Taïpei de l'agence Associated Press (AP), " le fruit de la taille d'une olive est à blâmer pour les torrents de boue et les inondations soudaines " qui ont lieu dans l'île, durant les typhons ou les tempêtes, ayant un coût élevé en termes de vies humaines perdues.

" De nombreuses zones durement frappées par le typhon Toraji [en août 2001] avaient un point commun: les montagnes étaient plantées de rangées de hauts et majestueux aréquiers qui portent de grosses touffes de noix ", rapporte la même dépêche d'AP, notant que " lorsque les tremblements de terre ou les typhons ébranlent [ici] les montagnes, ces arbres aux racines trop courtes pour retenir les rochers ou la terre ne pouvaient empêcher les chutes et les coulées de dévaler sur les maisons en contrebas. "

Et typhon après typhon, c'est le chaos, la mort et la destruction. Néanmoins, les petites noix d'arec* et la feuille de bétel, qui forment le stimulant populaire, continuent d'être mâchées et demeurent une partie intégrante de la culture moderne de Taïwan. Bien sûr, de gros intérêts sont en jeu. Un immense secteur économique s'est tissé autour de ce produit à travers l'île, faisant vivre des milliers de travailleurs ruraux qui cultivent, récoltent, transportent et vendent la noix d'arec.

Selon les économistes insulaires, la noix d'arec serait devenue le second produit agricole destiné à la vente derrière le riz. Elle est idéale pour faire gonfler les comptes en banque de certains fermiers de montagnes.

Alors que, dans les villages, de nombreuses personnes âgées vendent des noix d'arec pour survivre, les " rois " du bétel ont conçu il y a quelques années un plan à la mode pour mieux écouler leur marchandise, en proposant que de jolies demoiselles, le plus souvent vêtues légèrement et de manière attractive, soient embauchées pour la vendre dans des stands placés en bord de route. Cette formule a si bien marché qu'elle fait aujourd'hui partie du paysage urbain et rural de l'île.

Les hommes politiques sont aussi montés à la tribune pour dénoncer toute cette industrie. Plus exactement, ils ont parlé haut et fort, tentant de persuader les agriculteurs de montagnes de changer de culture en abandonnant la petite noix d'arec qui rapporte tant.

" J'ai demandé à la population d'arrêter de cultiver des aréquiers. Ce n'est pas bon pour nous ", a déclaré aux journalistes Mme Annette Lu, la vice-présidente de la République, après la constatation des dégâts causés par le typhon Toraji au lourd bilan -- plus de 200 morts et des pertes financières considérables dans le domaine agricole.

Selon les sociologues et d'autres experts qui ont étudié le problème, toute l'industrie qui s'est forgée autour du bétel est là pour rester. La principale raison est que le bétel est populaire en tant que stimulant légal pour les routiers qui conduisent de longues heures, les ouvriers du bâtiment, les personnes aux revenus modestes, les gangsters et même la nouvelle génération de jeunes qui utilisent le bétel comme un genre de drogue. Ce n'est pas de la caféine, ni du tabac, ni de la bière, le bétel est par nature un fortifiant, et c'est pour cela qu'il attire, expliquent ceux qui s'y adonnent.

Près d'une personne sur dix est un mâcheur de bétel. Quel goût a-t-il ce bétel également si populaire dans d'autres pays asiatiques, comme la Thaïlande ou le Viêt-nam (toutefois, pas au Japon ni aux Philippines)? " Un dentifrice pas cher ressemblant à de la réglisse ", a récemment déclaré un Occidental travaillant dans l'île.

Le bétel se vend en boîte de cinq ou dix fruits. La boîte, selon la qualité, coûte 50 TWD (env. 1,6 € ) ou plus. " Les agriculteurs préfèrent cultiver les aréquiers parce qu'ils donnent des fruits dans les cinq ans et ne nécessitent que peu d'entretien ou d'engrais ", ajoute la dépêche d'AP.

Si l'Etat a financièrement incité les agriculteurs à se convertir à une autre culture, les aréquiers couvrant plus de 55% de la superficie de leurs terres, le problème est que la noix d'arec rapporte beaucoup et il n'est pas facile de changer les habitudes. Selon les statistiques officielles, Taïwan produit chaque année environ 500 000 tonnes de noix d'arec, d'une valeur estimée à près de 400 millions de TWD (env. 12,7 millions € ).

Du cinéma aux expositions de musée, des stands étincelants en bord de route aux soap-opera télévisés, l'image des " beautés du bétel " et la part qu'elles jouent dans une culture populaire en pleine évolution sont bien là pour rester, que les critiques le veuillent ou non.


Dan Bloom
* Le bétel est une sorte de poivrier grimpant, dont la feuille posséde des principes stimulants et astringents. Elle sert à envelopper la noix d'arec, dont on tire le cachou, et d'autres ingrédients. Cet ensemble, aussi appelé en français " bétel ", forme un masticatoire populaire du nom de son enveloppe, répandu en Asie. Il n'existe donc pas de noix de bétel, comme certains auteurs l'écrivent parfois, probablement trompés par le terme anglo-américain betel nut. (NDLR)

 

http://www.le-betel.com/